Battambang et les chauves-souris


Pour compléter notre itinéraire nord-ouest, il semble qu’une visite à Battambang s’impose. Idéalement il faudrait trouver un bateau pour faire ce trajet, mais les lignes publiques sont interrompues suite au manque de touristes – oui oui vous avez dit Covid – et un bateau privé même partagé avec les quelques personnes rencontrées s’avère trop cher. Comme on a visité, la veille, un village sur pilotis avec un tour sur le lac au coucher du soleil, la frustration est moindre. Plusieurs guide et personnes rencontrées ont cherché sans succès.

Trois heures de bus nous emmène vers cette ville avec un court changement de bus agrémenté d’un verre de jus de canne à sucre glacé.

L’arrivée à Battambang est animée avec les chauffeurs de tuk tuk essayant de nous transporter vers un super hôtel… Alors qu’on a réservé un hôtel à 100 mètre du lieu d’arrivée.

L’occasion de parler des transports. Au Cambodge, il y a pas ou très peu de gares routières, mais plusieurs compagnies de bus et minibus qui desservent chacun leur agence. Donc au moment de choisir la compagnie, les lieux de départs et d’arrivée peuvent être un bon critère. L’application Bookmebus est très efficace pour cela. Malheureusement après plusieurs achats faciles, la carte de crédit ne passe plus désormais. Ca reste malgré tout une bonne recherche de la meilleure solution, quitte à se rendre au bureau directement une fois le choix fait.

Pour profiter de la fin d’après midi, on prend un tuk tuk pour aller visiter au sud de la ville une maison historique en bois où le nouveau propriétaire, nous accueille et fait visiter, tout en agrémentant la visite d’un cours de géopolitique cambodgienne fort intéressant.
D’ailleurs, on est quelques heures après la visite de Nancy Pelosi à Taïwan et on sent que tout le monde stress à fond. Un cambodgien nous dit même que si ça pète à Taiwan, la Thaïlande envahirait le Cambodge immédiatement. À suivre… ou plutôt pas si possible ! On visite également un grand temple bouddhiste, dont la porte entrouverte nous laisse passer et nous le visitons à la frontale.

On passe réserver un cours de cuisine pour le lendemain et le restaurant nous conseille un restaurant très sympa, le Jaan Bai. Comme dans plusieurs endroits au Cambodge, des restaurants ou hôtels sont tenus par des ONG offrant aux jeunes des formations. Cette ONG est assez interessante d’ailleurs : Ayant d’abord essayé d’aider les orphelinats, elle s’est rendue compte qu’une bien trop grande partie des enfants accueillis ont en fait une famille assez proche et qu’il est bien plus utile de soutenir les familles pour garder leurs enfants que de soutenir les orphelinats dont les enfants ressortiront marqués et avec beaucoup plus de risque de mal tourner dans la vie. Voir le “ted talk” de Tara Winkler (en français ici) et son ONG “CCT Cambodian Children’s Trust”

Le matin suivant, rendez-vous pour un cours de cuisine à Nary’s Kitchen, réservé la veille au soir. Par chance nous sommes tous les deux et on commence par aller faire les courses. C’est très symbolique puisque qu’on achète pas tout, mais juste une carotte, un oignon et du lait de coco, mais la visite accompagnée nous précise les infos sur quelques produits, et étant accompagnés, c’est plus facile de prendre des photos. Marché dans toute la splendeur des marchés d’Asie, avec couleurs, odeurs, propreté… relative, viande, poisson, chauve-souris, etc. On a assez l’habitude et le seul truc vraiment beurk c’est l’épluchage de grenouilles vivantes qu’on laisse agoniser vivantes. Pas certain qu’elles soient mieux traitées chez nous, mais comme d’habitude, le voir en direct n’est pas agréable. Quelques scènes spéciales, la cliente qui tâte la viande avant de l’acheter, vidage de poissons, pressage de coco.
Le cours de cuisine en tant que tel est vraiment sympa et on profite à fond de ce moment privé avec le patron très sympa et sa femme qui surveille en coin. Recettes à dispo à la demande!
– Rouleaux de printemps
– Amoc de poisson (curry rouge)
– Lok Lac (le plat récurrent du pays avec émincé de viande cuite en sauce et poivre-citron)
– Banane coco au dessert

Après avoir fait un énorme repas de notre production, on se décide de louer un Tuktuk recommandé par le restaurant pour aller découvrir la campagne environnante.
Notre guide – Jay Chhoem – est un de ces nombreux conducteurs de tuktuk qui fait également guide, connaît très bien la région, la culture et nous accompagne sur les visites. On en est enchanté et le recommandons. Contactez le par messenger si besoin!
Après avoir roulé dans la campagne, dans les villages et rizières, on rejoint des collines où peut visiter
– la grotte de la mort, où beaucoup de victimes du génocide ont été assassinées
– Un temple perché sur la colline
– Un grotte de chauves-souris

Malheureusement au passage d’un petit temple, en contemplant la représentation des 32 niveaux des enfers, je me pète la gueule, la cheville et l’objectif photo. La cheville me laisse redescendre gonflée mais en marchant normalement, l’objectif – mon seul Nikon Z – est mort.
Barbara finit la visite du temple avec le guide, puis nous attendons la sortie des chauves-souris. C’est impressionnant vers 17:30, trois millions d’entre elles s’envolent dans un long cortège d’une demi-heure.

Retour à la ville, on croise Maéva et Valentin déjà vus à Siem Reap et on passe la soirée ensemble en attendant le bus de nuit pour Phom Penh.

Pour l’anecdote, à Phnom Penh, en changeant de bus, un couple de français nous dit avoir trouvé facilement le bateau de Siem Reap à Battambang. Donc si vous y êtes, cherchez mieux que nous

Et pour la cheville, ça va pas trop mal. Au moment d’écrire ces lignes, presque plus de trace.


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